Afrik’en Création : des artistes inspirés par l'Afrique s'exposent !

Note d’intention

Constat : Besançon ville d’art et d’histoire

Grâce à son riche patrimoine historique et culturel, Besançon, capitale franc‐comtoise, détient depuis 1986 le label de « ville d’Art et d’Histoire ». Elle figure également sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008.

Lieu de création, de diffusion de la culture, Besançon propose une offre importante, elle est notamment la seule ville de cette taille à posséder cinq musées. Les théâtres sont également nombreux (deux scènes nationales).

C’est à Besançon en 1694 que voit le jour le premier musée public de France.

Tout au long de son histoire, la ville a accueillie un nombre important d’artistes célèbres. Parmi les plus renommés, on y trouve des hommes et des femmes de lettre tels que Colette, Nicolas Perrenot de Grandvelle, JeanJacques Boissard, Victor Hugo, Pierre-Joseph Proudhon, Charles Fourier, Tristan Bernard et Charles Nodier, des inventeurs cinématographe que sont les Frères Lumière, et le compositeur Claude Goudimel. Plus récemment Georges Oudot, Pierre Duc.

Besançon et l’Afrique, des liens forts et anciens

Dans ce riche patrimoine culturel, l’Afrique est présente à Besançon grâce, entre autre, au fond d’Art Africain du muséum d’histoire naturelle de la Citadelle. Elle est par ailleurs la seule ville au monde à posséder une statue de bronze réalisée par l’artiste Sénégalais Ousmane Sow, installée à Besançon en 2003 et représentant Victor Hugo.

Besançon a une volonté marquée d’entretenir des liens forts avec le continent Africain. Elle apporte son soutien au développement local de villes d’Afrique au travers d’accords de jumelages et de coopération avec la ville de Douroula au Burkina‐Faso, et la ville de Man en Côte d’Ivoire.

Elle favorise aussi les échanges en menant ses propres actions et en allouant des subventions aux associations et établissements d’enseignement bisontins qui développent des partenariats avec l’Afrique. Plus de 100 associations bisontines travaillent actuellement en lien avec le continent Africain, majoritairement sur des actions humanitaires ou éducatives.

Sur l’université de Franche‐Comté, plus de 1200 étudiants viennent d’Afrique. Pour mémoire, le président Sénégalais Abdoulaye Wade est issu de la faculté de droit de Besançon, sans oublier de très nombreuses élites francophones formée à Besançon dans différentes disciplines.

La ville accueille de nombreuses manifestations solidaires et culturelles, comme en novembre le festival « Lumières d’Afrique » consacré aux cinémas d’Afrique et le marché solidaire où le Cameroun est à l’honneur en 2010. Souvent des artistes venant d’Afrique sont programmés sur les scènes bisontines, toujours avec un grand succès (les tambours du Burundi, Tiken Jah Fakoly, Amadou et Mariam, Pédro Kouayté…)

La ville de Besançon accueille de très nombreuses diasporas africaines (francophones en majorité mais aussi, anglophone, lusophone et arabophones – plus de 43 pays ‐) dont beaucoup originaires des Aurès en Algérie. L’attrait du Centre de linguistique appliqué (CLA) a permis aussi la venue de beaucoup d’enseignants et de chercheurs.

Des créateurs artistes venant d’Afrique à Besançon

De nombreux créateurs sont issus des diasporas qui peinent à trouver leur place dans le microcosme culturel, par manque de confiance des responsables ou manque de crédibilité sur un art créatif et original.

Parfois ils font le choix de présentation de leurs travaux, soit dans des lieux trop méconnus ou peux accessibles, ou en dehors de Besançon. Il manque aussi actuellement à Besançon, un espace ouvert et visible pour les créateurs, même si des pistes sont en bonne voie.

Existe aussi des artistes bisontins et comtois, inspirés par l’Afrique (suite à des voyages, des rencontres, des échanges…) qui travaillent comme plasticiens, peintres, sculpteurs ou calligraphes. Ces artistes produisent de riches et d’importantes créations, malheureusement pas ou peu visible sur la ville de Besançon.

Afrik’en en Création, une évidence

C’est de ce constat que le projet « Afrik’en Création » a émergé, fruit des longues années de travail à Besançon de l’Association de la Promotion des Arts et Cultures d’Afrique (APACA), conforté par le mémoire réalisé en 2009 par Charlène Deroche, étudiante en master 2 METI.

Charlène Deroche avait aussi accompagné l’installation de la très belle exposition « l’esprit et la matière » au muséum d’histoire naturelle à la citadelle de Besançon et une installation temporaire de 4 artistes d’Afrique « au pavé dans la mare » en juillet 2009. C’est dans ce cadre que deux étudiants de la licence professionnelle « Conduite de Projets Internationaux de Co‐Développement » de l’université de Franche‐Comté, au sein de leur association Codev’, s’investissent pour coordonner ce projet et faire le aboutir.

La volonté est de proposer un espace d’exposition, rentrant dans le cadre des relations bisontines tissées avec l’Afrique, prenant soin de valoriser des artistes contemporains, résidants à Besançon, inspirés par le contient Africain et les artistes issus des diasporas.

Il s’agit de permettre au grand public de découvrir une explosion de talents au cœur même de Besançon et de mettre en avant ces artistes émergeants ou professionnels ainsi que leurs créations.

Ceci dans l’espoir de permettre une prise de conscience et de sensibiliser à ce talents rares et méconnus, afin d’envisager pourquoi pas la mise en place d’un espace d’exposition sur le long terme.

 

Détails du projet

L’exposition « Afrik’en Création » mène à établir un lien entre tradition et modernité. Ces artistes bisontins mettront en lumière le métissage des cultures dans leurs œuvres contemporaines, par des peintures, des sculptures, de la photographie, des illustrations, etc.

Durée : L’exposition se déroulera du 5 au 26 Février 2011,

Lieux : au centre Diocésain, lieu d’exposition au cœur de la ville.

Vernissage : aura lieu en présence des artistes disponibles le Lundi 7 Février à partir de 18h00.

Planning : la première phase du projet, qui correspond au référencement des artistes, a été réalisée par une étudiante de la licence « Développement et Protection du Patrimoine Culturel » de l’Université de Franche‐Comté l’année passée, en partenariat avec l’APACA qui détient un large choix d’artistes Africains ou inspirés par ce continent.

Une réactualisation a été faite grâce à des recherches menées auprès d’associations et des maisons de quartiers, afin de prendre connaissance d’artistes susceptibles de vouloir s’exposer dans le cadre du projet.

Artistes exposants : six artistes seront présents sur l’exposition :

  • Esther Essounga (artiste plasticienne), Cameroun
  • Kim Nezzar (artiste peintre, sculpteur), Algérie
  • Sébastien Osswald (artiste plasticien), France
  • Didier Viode (artiste plasticien, graphiste, vidéaste, installateur) Bénin
  • Agnew Masango (sculpteur). Zimbabwe
  • Dominique Dumont (artiste peintre et sculpteur) Mauritanie et Burkina Faso.

Chaque artiste présentera de 2 à 3 œuvres, suivant les proportions et volumes de celles-ci.

Valorisation : sur chaque zone d’exposition, une fiche de présentation du créateur permettra de mettre un visage derrière la création et peut être apporté une meilleure compréhension de l’œuvre.

Les Artistes Exposants

Ces artistes se sont inspirés de ces différents pays, de par leurs origines et voyages :

  • Esther Essounga, Cameroun
  • Kim Nezzar, Algérie
  • Sébastien Osswald, Madagascar
  • Didier Viode, Bénin
  • Agnew Masango, Zimbabwe
  • Dominique Dumont, Mauritanie et Burkina Faso.

Agnew Masango

Agnew Masango est né en 1974, au Zimbabwe.

Arrivé en France en 2007, il vit et travaille à Saint‐Vit, près de Besançon.

La sculpture étant une pratique courante dans son pays d’origine, il a commencé à sculpter en 1994, inspiré par un ami et célèbre sculpteur zimbabwéen, Lameck Bonjisi. Pendant les deux premières années, il se spécialise dans les sculptures abstraites et shonas (peuple d’Afrique australe). Puis, il approfondit ses connaissances en art visuel, en rejoignant l’atelier des frères Mutasa, avec qui il pratique la sculpture semi réaliste, à partir de divers matériaux (mixed‐media). Afin d’élargir ses compétences, il se rend en Zambie, à partir de 2005, où il apprend à travailler le marbre, pierre que l’on ne trouve pas au Zimbabwe. Il participe à différents ateliers organisés par les studios rockstone, la galerie Henri Tayali et la Chambre nationale du tourisme zambien. Il est également membre du studio Domboramwari Art Village à Harare au Zimbabwe.

Agnew Masango travaille la pierre serpentine, notamment la springstone, qui lui permet « d’exprimer plus librement les contrastes de textures », la pierre cobalt, la pierre opaline verte, qu’il fait toutes venir de Zimbabwe et le marbre d’Italie. Il a également tenté de travailler la pierre locale, calcaire, dès son arrivée en France. Il aime sculpter des pierres de grande taille en respectant leurs formes naturelles. Il s’inspire essentiellement du milieu naturel et de l’environnement qui lui est proche, mais on ressent aussi à travers ses œuvres la dimension religieuse, sacrée, propre à l’univers africain.

Didier Viode

Didier Viode est né en Côte d’Ivoire, il a vécu une partie de son enfance au Bénin, actuellement il vit et travaille en France.

Après avoir étudié à l’Institut National Supérieur de l’Art et de l’Action Culturelle d’Abidjan, il obtient son DNSEP (Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique) à l’école des Beaux‐arts de Besançon. Cet artiste tire son inspiration des médias, de ses ressentis face à la société actuelle, de son expérience de l’immigration, à travers celle‐ci il cherche aussi a évoquer le voyage du clandestin, mais surtout il reste un grand « amoureux de l’humanité », l’humain étant en permanence au centre de ses créations.

Au cours de ses premières années d’études aux Beaux‐arts, il se consacre essentiellement à l’art abstrait, travaillant avec des couleurs ocres, sorte d’hommage qu’il rend à la terre. Puis, il s’éloigne de ses premiers travaux en se dirigeant vers des créations plus minimalistes, se détachant de la couleur, il va se rendre à l’essentiel en travaillant le noir et le blanc, le noir reflétant sa vision de la société. Son art va tendre vers du semi figuratif, mais toujours en restant assez proche de l’abstrait, c’est le cas de ses « grands marcheurs », silhouettes humaines simplifiées à l’extrême afin que tous puissent s’y reconnaître. Il utilise des techniques mixtes sur toile, en associant peinture, acrylique et collages, en jouant avec des matériaux tels que le papier, le carton, la toile de jute… pour réaliser ses œuvres.

Didier a toujours été attiré par l’univers de la bande dessinée, autodidacte dans ce domaine, depuis tout petit il dessine et anime sur le papier des personnages, pour lesquels il s’inspire de ce qu’il a vécu et dénonce les préjugés européens vis à vis de la population noire.

Dominique Dumont

Artiste autodidacte, né le 12/02/1965 a Bordeaux.

Grandit en Afrique, Mauritanie et Burkina Faso jusqu'à l'âge de dix ans.

Après avoir travaillé dans le spectacle comme créateur lumière et décorateur pendant 27 ans, il découvre la peinture et la sculpture en 2003.

Trois ans plus tard il loue un atelier où il commence à travailler le métal. Il associe bois, métal et différentes matières, créant ainsi lampes et sculptures lumineuses.

La peinture exprime ses « mois » intérieurs, ou parfois ses hantises… De visage en visage il nous transporte dans ses univers colorés, nous laissant ainsi des êtres beaux ou déchirés, avec des expressions fortes.

Il travaille sur plusieurs toiles dans l'instinct du moment.

L’ouverture d’un atelier « création, réalisations » est prévue prochainement : « portail, barrière, lampe métal, lampadaire de jardin, travail sur commande, étudie toute proposition. Certifie et garantie que chaque pièce est unique. »

En… Fer D'Art
47 route de besancon
25840 Vuillafans.
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(+33) 06 89 01 21 94

Esther Essounga

Esther Essounga est née en 1971 au Cameroun.

À l’âge de cinq ans, elle quitte son pays d’origine pour aller vivre à Paris. Plus tard, en 2000, elle s’installe à Besançon où elle exerce sa profession d’éducatrice spécialisée. Sa passion pour l’art est née très tôt, enfant elle aimait déjà beaucoup collecter différents matériaux pour les réutiliser.

Cette artiste tire son inspiration de l’ensemble des pays d’Afrique, de ses animaux (éléphants, zèbres…), des personnes qui y vivent, essentiellement les femmes et les enfants, en privilégiant les visages et les regards. A travers de nouveaux tests et de nouvelles expériences, elle travaille continuellement la matière et les couleurs, avec toutes sortes de matériaux (cendres, tampons de couleurs pour enfants, tipex, alcool de parfum, brou de noix, éosine, bandelettes, colle à bois…) qu’elle applique sur divers supports, la plupart étant des matériaux de récupération, (carton, bois, toile de lin, toile de jute, tulle, papier transparent, serviettes de table, tissus…). Elle aime, en créant des effets inattendus, surprendre et susciter des questionnements chez les autres. Son travail n’est jamais totalement achevé, mais au contraire, elle peut à tout moment intervenir à nouveau en y apportant quelques modifications ou alors de réels changements.

Son style a évolué au cours du temps et a traversé différentes phases, ses premiers travaux étaient plutôt abstraits, par la suite elle a appris à travailler les corps, les proportions, les perspectives. Durant une période, elle s’est beaucoup inspirée des masques et sculptures africaines. Elle a également pendant quelques temps travaillé des couleurs vives et éclatantes. Désormais, elle s’est orientée vers un travail à l’encre de chine, axé sur l’architecture, la profondeur, et la présence de l’Homme dans ce décor.

Kim Nezzar

Kim Nezzar est né en 1966 à Besançon, de père algérien et de mère franc‐comtoise.

Issu d’une famille d’artistes, il a baigné toute son enfance dans l’univers artistique. Il suit une formation de cinq ans à l’École des Beaux‐Arts de Besançon. Puis obtient un doctorat de peinture et sculpture à l’université de Madrid.

Dans ses créations il réunit deux visions de l’art totalement opposées, le néo-expressionnisme et l’art conceptuel. Dès l’aube, il passe plusieurs heures à dessiner en s’inspirant de modèles ou en laissant libre cours à son imagination. Ses esquisses sont ensuite transposées en peinture. C’est une fois le tableau achevé qu’il propose une autre vision de son travail à travers une approche conceptuelle. Il aime travailler la matière et la couleur pour faire naître sur la toile la dimension humaine, sa principale source d’inspiration.

Sébastien Osswald

Sébastien Osswald est né en 1977 à Colmar où il a vécu une partie de son enfance, puis il s’installe à Strasbourg où, après une année de remise à niveau en arts plastiques, il intègre l’École Nationale Supérieure des Arts décoratifs de Strasbourg et y suit un double parcours : en Art et en illustration didactique. Il vit et travaille depuis trois ans à Osselle, à proximité de Besançon.

En 2003, après plusieurs années sans peindre, il part pour deux ans en mission de volontariat international à Madagascar. Le contexte africain, si particulier et si différent, éveille alors ses sens et réveille son envie, sinon son besoin de peindre.

Sébastien s’inspire beaucoup de la photographie numérique, et de la peinture contemporaine qui évoque celle‐ci, dans son travail. En effet, il fractionne ses portraits en une multitude de petites cases, en restituant une sorte de pixellisation dans ses toiles, où il traite chaque case de façon unique et abstraite, l’ensemble réuni figurant un visage. Ce peintre portraitiste a besoin pour s’exprimer de se fixer des contraintes, de s’aventurer à la recherche de nouvelles techniques et nouveaux procédés, il cherche le dialogue entre le support et l’artiste en travaillant les couleurs et les techniques (acrylique, encre de chine, pastel, crayons de couleur…). En Afrique, il décide alors d’utiliser comme support la natte malgache, où la trame est déjà contenue dans le support, par le tressage. Il fait naître sur ces nattes et également sur divers tissus imprimés les portraits de toutes les couches de la société malgache, des enfants, des adultes et des personnes plus âgées.

Il travaille aussi autour d’« estampes numériques » : il s’agit essentiellement d’un travail d’infographie particulièrement complexe, dont il résulte des images élégantes et épurées, en équilibre entre photographie et peinture. Encore très imprégné par son séjour sur le continent africain, Sébastien Osswald continue aujourd’hui à y puiser son inspiration.

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